Quelle puissance et quelle batterie pour votre site isolé ?
Dites-nous où vous voulez du courant et ce que vous voulez alimenter. Nous en déduisons la puissance, la capacité de batterie et la tension.
Kit solaire autonome : dimensionner une installation sans réseau
Une installation reliée au réseau a droit à l'erreur : si elle produit trop peu un jour de décembre, le réseau comble la différence. Une installation autonome n'a pas ce filet. Ce qu'elle ne produit pas, vous ne l'aurez pas.
C'est toute la différence de méthode. Une installation classique se dimensionne sur une moyenne annuelle et sur votre facture. Une installation autonome se dimensionne sur le pire moment de l'année, et ce pire moment porte un nom : décembre.
Pourquoi décembre décide de tout
Les chiffres de production que vous voyez partout sont annuels. À Lyon, un kilowatt-crête produit environ 1 289 kWh par an, soit un peu plus de 3,5 kWh par jour en moyenne. C'est vrai, et c'est inutilisable pour une installation autonome.
Voici la production réelle d'un kilowatt-crête, mois par mois, d'après la base européenne PVGIS pour une orientation sud et une inclinaison de 35° :
| Ville | Juin | Décembre | Décembre en % de la moyenne |
|---|---|---|---|
| Lille | 127,7 kWh | 35,2 kWh | 39 % |
| Nantes | 131,9 kWh | 52,7 kWh | 52 % |
| Lyon | 140,7 kWh | 52,2 kWh | 49 % |
| Marseille | 165,2 kWh | 89,7 kWh | 66 % |
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Ramené à la journée, un kilowatt-crête donne 1,14 kWh par jour en décembre à Lille, contre 4,3 kWh en juin. L'écart est d'un facteur quatre. À Marseille il tombe sous le double, ce qui explique pourquoi une maison autonome coûte beaucoup moins cher dans le sud.
Dimensionner sur la moyenne annuelle revient donc à construire une installation qui fonctionne huit mois sur douze. En site isolé, les quatre mois restants ne sont pas une statistique : ce sont des soirées sans lumière.
Ce qui change par rapport à une installation raccordée
Le calcul part de la consommation quotidienne, pas de la facture. Sans compteur ni abonnement, la facture n'existe pas. Il faut lister ce que vous branchez et combien d'heures par jour, puis additionner. Un réfrigérateur moderne consomme 0,5 à 0,8 kWh par jour, l'éclairage LED de tout un logement rarement plus de 0,3 kWh, une pompe de puits 0,2 à 0,5 kWh selon le débit.
La batterie n'est pas une option. Sur une installation reliée au réseau, elle améliore un bilan déjà positif. En site isolé, elle est l'installation : les panneaux ne produisent que le jour, et c'est le soir que vous avez besoin de lumière.
L'onduleur est différent. Un onduleur réseau se coupe dès qu'il ne détecte plus le réseau — une sécurité obligatoire pour protéger les techniciens qui interviennent sur les lignes. Sur un site isolé, il ne démarrerait jamais. Il faut un onduleur hybride ou off-grid, qui fabrique lui-même sa tension de référence.

Quelle puissance pour un kit solaire autonome : trois cas concrets
Les calculs ci-dessous prennent la production de décembre à Lyon, soit 1,68 kWh par jour et par kilowatt-crête, et tiennent compte du rendement de la chaîne batterie-onduleur, autour de 85 %.
| Chalet de week-end | Maison, deux personnes | Famille | |
|---|---|---|---|
| Consommation | 1,5 kWh/jour | 6 kWh/jour | 10 kWh/jour |
| Panneaux | 1,2 kWc — 3 panneaux | 4,2 kWc — 10 panneaux | 7 kWc — 16 panneaux |
| Batterie (3 jours) | 5 à 6 kWh | 20 à 23 kWh | 35 à 38 kWh |
| Onduleur | 1,5 kW | 3 kW | 6 kW |
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Trois remarques. Ces chiffres supposent que le chauffage et l'eau chaude ne sont pas électriques — en autonomie complète, chauffer à l'électricité est hors de portée pour un budget raisonnable, et presque toutes les maisons autonomes se chauffent au bois. Ils supposent aussi une orientation sud correcte : plein est ou plein ouest, ajoutez un quart. Enfin ils visent trois jours d'autonomie, le compromis courant ; cinq jours font exploser le coût de la batterie, un seul vous laissera dans le noir plusieurs fois par hiver.
Dimensionner une installation autonome, étape par étape
Additionnez votre consommation quotidienne
Appareil par appareil, heure par heure. Un réfrigérateur moderne prend 0,5 à 0,8 kWh par jour, l'éclairage LED d'un logement rarement plus de 0,3 kWh.
Prenez la production de décembre, pas la moyenne
1,14 kWh par jour et par kWc à Lille, 1,68 à Lyon, 2,89 à Marseille. C'est le mois le plus faible qui décide si l'installation tient toute l'année.
Divisez par le rendement de la chaîne
Batterie et onduleur perdent environ 15 %. Six kilowattheures consommés demandent donc 7 kWh produits.
Choisissez vos jours d'autonomie
Trois jours est le compromis courant. Cinq jours font exploser le coût de la batterie, un seul vous laissera dans le noir plusieurs fois par hiver.
Prévoyez le secours
Au nord de la Loire, un groupe électrogène utilisé quelques dizaines d'heures par an coûte bien moins cher que les panneaux qu'il faudrait ajouter pour couvrir décembre.
La batterie : combien de jours de réserve
C'est le poste qui décide du budget, et celui où les erreurs coûtent le plus cher.
La capacité utile n'est pas la capacité affichée. Une batterie LiFePO4 de 10 kWh ne se vide pas jusqu'à zéro. En restant au-dessus de 20 % de charge, vous disposez de 8 kWh réels et vous préservez sa durée de vie. À 80 % de profondeur de décharge, les cellules LiFePO4 de qualité annoncent 4 000 à 6 000 cycles complets, soit dix à quinze ans à raison d'un cycle par jour.
Le froid change le comportement. En dessous de 0 °C, le système de gestion bloque la charge : charger une cellule lithium gelée provoque un dépôt métallique qui l'abîme définitivement. La décharge, elle, continue. La capacité disponible baisse temporairement de 10 à 20 % par grand froid. Concrètement, une batterie installée dans un chalet non chauffé doit être placée dans un volume isolé, ou choisie avec un chauffage intégré.
La règle de dimensionnement. Multipliez votre consommation quotidienne par le nombre de jours d'autonomie souhaités, puis divisez par 0,8 pour tenir compte de la réserve de charge. Six kilowattheures par jour sur trois jours donnent 22,5 kWh de batterie.
Chalet, cabane, abri de jardin
Un usage saisonnier change les règles. Si vous n'occupez le lieu qu'entre avril et octobre, ce n'est plus décembre qui commande mais le mois le plus faible de votre période d'occupation, et l'installation devient nettement plus petite — souvent moitié moins.
En revanche, prévoyez la mise en veille hivernale. Une batterie LiFePO4 se conserve bien autour de 50 % de charge, à l'abri du gel, déconnectée de l'onduleur dont la consommation à vide finirait par la vider sur six mois.
Pour une cabane ou un abri où vous ne cherchez que l'éclairage et une prise occasionnelle, un petit système 12 V reste la solution la plus simple : un panneau, une batterie 12 V de 100 Ah et un convertisseur, pour un budget de 300 à 500 €.
Prix d'un kit solaire autonome
Les ordres de grandeur, matériel seul, hors pose :
| Chalet week-end | Maison deux personnes | Famille | |
|---|---|---|---|
| Panneaux | 1,2 kWc — 350 à 600 € | 4,2 kWc — 1 200 à 2 000 € | 7 kWc — 2 000 à 3 400 € |
| Batterie | 5-6 kWh — 700 à 1 500 € | 20-23 kWh — 2 000 à 4 500 € | 35-38 kWh — 3 500 à 7 500 € |
| Onduleur hybride | 1,5 kW — 150 à 400 € | 3 kW — 250 à 700 € | 6 kW — 400 à 1 200 € |
| Total matériel | 1 200 à 2 500 € | 3 500 à 7 200 € | 6 000 à 12 000 € |
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Les fourchettes sont larges parce que l'écart entre marques est réel : à capacité égale, une batterie 48 V se trouve entre 140 et 400 € le kilowattheure. Sur une installation de 20 kWh, cela fait 5 000 € de différence pour la même fonction.
Ajoutez le câblage, les protections et les supports : comptez 10 à 15 % du matériel. Et si vous faites poser, la main-d'œuvre représente souvent autant que les panneaux eux-mêmes.
Hors réseau, les règles administratives ne s'appliquent pas
C'est une différence importante avec une installation classique, et elle joue en votre faveur.
Une installation raccordée au réseau public doit passer par le Consuel, et depuis le 1er juillet 2026 le dossier doit comporter une attestation de conformité de l'onduleur à la norme NF EN 50549, rédigée en français. Sans ce certificat, Enedis ne raccorde pas.
Une installation totalement isolée, sans aucun lien avec le réseau public, n'est pas concernée. Vous restez tenu de respecter les règles de sécurité électrique de votre logement, mais la procédure Consuel et la norme de découplage n'ont pas d'objet puisqu'il n'y a rien à découpler.
Pratiquement, cela ouvre l'accès à du matériel que les installations raccordées ne peuvent pas utiliser, et souvent à des prix nettement inférieurs.
Choisir par capacité
Si vous connaissez déjà le format qu'il vous faut, voici les quatre paliers du marché et ce qu'ils alimentent.
Le matériel pour une installation autonome
Les ensembles ci-dessous viennent de DATOUBOSS, qui expédie depuis des entrepôts en Pologne et en Allemagne. Ils associent l'onduleur hybride et la batterie, les deux pièces qu'il faut accorder entre elles. Les panneaux s'achètent séparément.
En stock
Onduleur hybride 1 800 W + 1,28 kWh
12 V · MPPT intégré · sortie 230 V — cabane, fourgon, petit chalet
En stock
Onduleur hybride 5 500 W
48 V · entrée PV jusqu’à 8 500 W · pour une maison hors réseau
En stock
Onduleur 11 kW + batterie 32 kWh
48 V · 628 Ah · MPPT 150 A — autonomie complète pour une famille
En stock
12 V 100 Ah + convertisseur 1 200 W
1,28 kWh · prise 230 V autonome — abri de jardin, cabane
En stock
Batterie 12 V 100 Ah
1,28 kWh · BMS 100 A · à associer à un convertisseur existant
En stock
Onduleurs hybrides 2 à 11 kW
48 V · du PVE2000W au 11 kW · versions murales et rack
Avant de commander, vérifiez trois choses : que la tension de la batterie correspond à celle de l'onduleur, que la puissance de l'onduleur couvre vos pointes de consommation et non votre moyenne, et que l'entrée photovoltaïque de l'onduleur accepte la puissance de panneaux que vous prévoyez.
Peut-on vraiment vivre sans réseau
Oui, et des milliers de foyers français le font. Mais trois choses méritent d'être dites franchement.
Si le réseau passe devant chez vous, l'autonomie coûte plus cher. Un raccordement standard se chiffre en centaines ou en quelques milliers d'euros. Une installation autonome pour une maison habitée dépasse facilement 5 000 € de matériel. L'autonomie se justifie quand le raccordement est hors de prix — une parcelle éloignée, un devis Enedis à 15 000 € — ou quand elle correspond à un choix assumé.
Pour qui l'autonomie a du sens
- Terrain éloigné où le raccordement Enedis se chiffre en dizaines de milliers d'euros.
- Chalet ou cabane utilisés d'avril à octobre : l'installation est deux fois plus petite.
- Fourgon, bateau, abri de jardin, où le réseau n'a jamais été une option.
- Aucune démarche : ni Consuel, ni NF EN 50549, ni déclaration au gestionnaire.
Ce qu'il faut accepter
- Si le réseau passe devant chez vous, l'autonomie revient plus cher qu'un raccordement.
- Le chauffage et l'eau chaude électriques sont hors de portée : presque toutes les maisons autonomes se chauffent au bois.
- Un groupe électrogène d'appoint reste nécessaire en hiver au nord.
- La sobriété fait partie du projet : un appareil ancien coûte plus cher en panneaux qu'en remplacement.
Un groupe électrogène d'appoint n'est pas un aveu d'échec. La plupart des installations autonomes bien conçues en gardent un, utilisé quelques dizaines d'heures par an, pendant les semaines de décembre sans soleil. Dimensionner panneaux et batterie pour couvrir même ces semaines-là coûterait bien plus cher que le groupe et son carburant.
Le confort se gagne par la sobriété, pas par la puissance. Un réfrigérateur récent plutôt qu'un modèle ancien, de l'éclairage LED, un lave-linge lancé en plein midi : ces choix réduisent l'installation d'un tiers et coûtent bien moins que les panneaux qu'ils remplacent.
Questions fréquentes
Quelle puissance de panneaux pour être autonome en électricité ?
Tout dépend de votre consommation quotidienne et de votre région. En partant de la production de décembre, comptez environ 0,7 kWc par kilowattheure consommé chaque jour dans le centre et l'est de la France, et jusqu'à 1 kWc dans le nord. Six kilowattheures par jour demandent donc 4 à 6 kWc selon l'endroit.
Combien de temps dure une batterie solaire en site isolé ?
Une batterie LiFePO4 correctement dimensionnée tient dix à quinze ans. Ce qui l'use, ce ne sont pas les années mais les cycles profonds : une batterie régulièrement vidée à 5 % vieillira deux fois plus vite qu'une batterie qui descend rarement sous 30 %.
Faut-il un groupe électrogène en complément ?
Pour une résidence principale au nord de la Loire, c'est vivement conseillé. Pour un usage saisonnier d'avril à octobre, il est généralement inutile.
Peut-on ajouter des panneaux plus tard ?
Oui, à condition de prévoir l'onduleur en conséquence dès le départ : sa puissance d'entrée limite ce que vous pourrez brancher. Agrandir la batterie est souvent plus simple, les modèles 48 V s'empilant par blocs.
Une installation autonome fonctionne-t-elle pendant une coupure de réseau ?
Par définition elle n'est pas reliée au réseau, donc la question ne se pose pas. Si vous êtes raccordé et cherchez un secours en cas de coupure, le matériel est proche mais l'installation diffère : il faut alors un onduleur hybride certifié pour le raccordement, et le passage par le Consuel.
Et sur votre toit ?
Le calculateur est prévu pour une maison raccordée, mais il vous donnera la production attendue dans votre département — le point de départ de tout dimensionnement autonome.
Pour aller plus loin
Trois pages qui complètent celle-ci, dans l'ordre où les questions se posent.